Gilbert Wilhelm est à la tête d’un cabinet de courtage spécialisé en assurance santé et situé dans les environs de Pau. Il est propriétaire et administre trois grands sites consacrés à l’assurance santé sur le net, « http://www.mutuelle.com », « http://www.assurance-et-mutuelle.com » et « http://www.courtage-sante.com ». Il nous parle ici de la mutuelle santé et de ses rapports avec le régime obligatoire de l’assurance maladie.- Vous êtes le directeur éditorial de trois sites internet consacrés à l’assurance santé : www.courtage-sante.com, www.assurance-et-mutuelle.com et surtout www.mutuelle.com. Pourquoi avoir ouvert ces trois sites sur l’assurance santé ?
Si j’ai ouvert ces trois sites consacrés à l’assurance santé, c’est avant tout parce qu’il me semble très important aujourd’hui d’informer les internautes sur la manière de s’assurer à titre privé en trouvant la mutuelle santé qui convient à leurs besoins.En effet, le régime obligatoire de l’assurance maladie se désengage de plus en plus dans le remboursement des actes de soins et des médicaments. Les dernières réformes de la Sécurité Sociale l’ont bien montré… C’est pourquoi il est aujourd’hui très important pour les citoyens qui désirent bénéficier d’une couverture en assurance santé convenable de souscrire une mutuelle santé.Mais pour bien s’assurer, il faut avant tout faire le bon choix. Et pour choisir une bonne mutuelle santé, il faut être bien informé.C’est donc à la fois pour informer les internautes sur toutes les problématiques liées à l’assurance santé, et pour leur permettre de souscrire aux meilleurs contrats de mutuelle santé actuellement sur le marché que les trois sites que vous citiez, et dont je suis le directeur éditorial ont été créés.

– Pouvez-vous rappeler la manière dont une mutuelle santé vient compléter le régime obligatoire de l’assurance maladie ?

Le régime obligatoire de l’assurance maladie (que l’on nomme couramment la « Sécurité Sociale ») est un régime dont bénéficient tous les assurés sociaux, c’est-à-dire toutes les personnes résidant sur le territoire français.La Sécurité Sociale dispose d’une classification de l’ensemble des actes médicaux, appelée « Classification Commune des Actes Médicaux (CCAM) », ainsi que d’une classification de l’ensemble des médicaments.Aux actes médicaux et aux médicaments, la Sécurité Sociale applique un tarif appelé « Base de remboursement de la Sécurité Sociale ». Cette base de remboursement est le tarif que la Sécurité Sociale affecte aux actes de soins et aux médicaments.Maintenant, la Sécurité Sociale ne rembourse que très rarement (sauf cas exceptionnels) l’intégralité du tarif correspondant à la Base de Remboursement, mais seulement un pourcentage. Ce pourcentage s’appelle « Taux de remboursement de la Sécurité Sociale ».Si le taux de remboursement est inférieur à 100% (ce qui est majoritairement le cas), alors cela signifie qu’il reste un montant à la charge de l’assuré social : ce montant à charge de l’assuré social s’appelle le « Ticket modérateur ».Enfin, certains spécialistes ne sont pas tenus de se conformer, dans la pratique de certains actes de soins, aux tarifs indiqués par les « Bases de Remboursement » de la Sécurité Sociale : ils peuvent pratiquer dans ce cas ce que l’on appelle des « dépassements d’honoraires », un dépassement d’honoraire correspondant au montant excédant la « Base de remboursement de la sécurité Sociale ».Concrètement, ce qui reste à la charge de tout assuré sociale ne bénéficiant pas de mutuelle santé, c’est toujours le « ticket modérateur », ainsi que, le cas échéant, les dépassements d’honoraires.Une mutuelle santé vient compléter le régime obligatoire de l’assurance maladie en remboursant à l’assuré le ticket modérateur, voire, dans certains contrats, tout ou partie des dépassements d’honoraires. Le niveau de couverture proposé par la mutuelle santé dépend bien évidemment de sa qualité, laquelle est toujours lié au montant de cotisation demandé.

– Vous parliez tout à l’heure du désengagement de la Sécurité Sociale dans les remboursements des actes de soins et des médicaments. En quoi, la Sécurité Sociale se désengage-t-elle ?

Jusqu’à il y a un certain nombre d’années, la Sécurité Sociale proposait une base de remboursement qui, sans être exactement identique aux tarifs réellement pratiqués par les généralistes et/ou les spécialistes dans leurs actes de soins, du moins s’en approchait (à part cas exceptionnels…).En outre, la Sécurité Sociale appliquait des taux de remboursements qui permettaient de rembourser une partie non négligeable des dépenses de santé engagés par les assurés sociaux. Ce que l’on constate depuis ces dernières années (cette inversion de tendance étant liée à la tentative de réduire le déficit de la Sécurité Sociale), c’est que le régime obligatoire de l’assurance maladie revoit parfois le montant de ses bases de remboursement à la baisse, mais aussi et surtout baisse ses taux de remboursements.Cette situation fait qu’il reste une part de plus en plus importante à la charge des assurés sociaux qui ne bénéficient pas de couverture santé complémentaire.Ce désengagement progressif de la Sécurité Sociale dans le remboursement des actes de soins est le pendant de la nécessaire politique de restriction budgétaire qui est menée dans le domaine de la santé pour tenter de boucher ce que l’on appelle « le trou de la Sécu »…

– Quels sont les arguments que vous donneriez aux internautes pour les convaincre de souscrire une mutuelle santé ?

La nécessité de souscrire une mutuelle santé découle de ce que je viens de dire concernant le désengagement de la Sécurité Sociale. Il est désormais de plus en plus difficile de se faire administrer certains soins, voire de consommer certains types de médicaments pourtant nécessaires à l’équilibre de son état de santé, faute de fonds pour financer ces soins ou ces médicaments.Le fait de bénéficier d’une bonne mutuelle santé (c’est-à-dire une mutuelle santé proposant des prestations de remboursements satisfaisantes en fonction de ses propres besoins) permet de se faire rembourser de façon beaucoup plus convenable que si l’on s’en tenait seulement à l’assurance maladie obligatoire, et de tendre, ainsi, à la gratuité des dépenses de santé.En outre, chacun sait que nous ne sommes jamais à l’abri d’un « coup dur », comme un grave accident de santé, par exemple. Par conséquent, nous sommes parfois dans la nécessité vitale de nous faire hospitaliser ; or, le coût d’une journée à l’hôpital, surtout dans des services comme les « soins palliatifs » ou la « réanimation » est exorbitant… Et parfois, notamment dans des pays comme les Etats-Unis où il y a une très faible couverture sociale pour la majorité des gens, des familles se retrouvent endettées jusqu’au cou pour pouvoir financer les frais hospitalier.La Sécurité Sociale propose des niveaux de remboursement relativement satisfaisant concernant les services hospitaliers, mais pourtant parfois insuffisants au regard des ressources économiques de certains patients. Le fait de bénéficier d’une bonne mutuelle santé prenant en charge de façon convenable les frais hospitaliers permet de se prémunir économiquement contre les conséquences fâcheuses découlant d’un grave accident de santé.Bénéficier d’un meilleur taux de remboursement et se prémunir économiquement contre les conséquences de la réalisation d’un risque grave en matière de santé, telles sont pour moi les deux principaux arguments qui suffisent à démontrer la nécessité de bénéficier d’une bonne mutuelle santé.

Gilbert Wilhelm, merci pour cette interview que vous nous avez accordée.

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